La Métamorphose des Objets


Cette idée de juxtaposer un écran avec « cou » robotisé, 
si simple soit-elle, ne nous est pas venue du jour au lende- 
main. J’ai travaillé en robotique de nombreuses années, 
notamment dans le domaine de la robotique de loisir (4). Les 
robots sont des objets associés à un imaginaire riche, car 
avant d’exister ils ont été les acteurs de nombreux romans 
et films. Déjà dans les années 1950, nous nous attendions à 
ce que nos maisons soient, dans un futur plus ou moins 
proche, peuplées d’une zoologie de créatures autonomes et 
serviables assurant en particulier les tâches domestiques. Ces 
robots avaient des formes humaines ou animales. Ils étaient 
nos serviteurs et nos compagnons. Mais alors que d’année en 
année le monde connaissait des révolutions technologiques 
majeures, les robots, eux, se faisaient attendre. Pendant long- 
temps, le défi technique associé à la production de machines 
autonomes a été le critère le plus souvent évoqué pour expli- 
quer ce « retard ». Enfin, à la fin des années 1990, les pre- 
miers robots ont été proposés à la vente. Comme prévu, ils 
avaient des formes animales. La surprise a été qu’ils n’étaient 
pas utiles à proprement parler, mais ouvertement divertis- 
sants. Le futur était enfin là. Les robots arrivaient. Ils ne 
feraient pas forcément le ménage, mais ils nous feraient rêver.  
Les succès commerciaux de ces premiers modèles ont été 
honnêtes, mais ça n’a pas été le raz de marée prédit. Le carac- 
tère non utile de cette première famille d’animaux robotiques 
l’a conduite naturellement à se rapprocher du monde du 
jouet. De nombreux modèles ont fait leur apparition chaque 
année au moment des fêtes : robots chiens, robots chats, 
robots serpents, robots oiseaux, robots singes et bien sûr 
beaucoup d’humanoïdes de tailles diverses. Ces machines 
jouets avaient un fort pouvoir d’évocation.  

LES MÉTAMORPHOSES DE L ’INTERACTIVITÉ 79 

http://mdo.li/79 

077-102-Chap2-Metamorphose:Metamorphose  9/10/09  14:49  Page 79
La Métamorphose des Objets

ISBN:9782916571270
Frédéric Kaplan
2009-06-12
224 pages
143
4

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hubert guillaud
: 02/11/2009 à 13:58 /  : hubert guillaud

L'internet facilite-t-il l'accès démocratique à la culture ? Pas si simple... On voit bien que si c'est le cas pour certaines catégories de personnes (CSP++, c'est-à-dire celles qui ont déjà les moyens de comprendre), ce n'est pas nécessairement le cas d'autres catégories : l'accès à tout ne dit pas que tout le monde va aller lire Victor Hugo ou regarder Bergman. Tout est à notre portée, mais la distance de la culture demeure sociologiquement marquée. Pas sûr que l'internet, en apportant tout sur un plateau, facilite l'accès à tout.

Frederic Kaplan
: 05/11/2009 à 13:38 /  : Frederic Kaplan

Je dis précisément que la culture ne se limite pas a Victor Hugo. L accès généralise a tendance a tout mettre sur le même plan. Mais cela ne sous entend pas qu il n'y a plus aucun processus de filtrage. L idée défendue ici est que les objets-interfaces permettent une nouvelle forme d'appropriation culturelle susceptible a plus ou moins long terme de donner lieu a des dynamiques de sélection inédites .

: 17/03/2010 à 17:45 /  : RL

Internet, l'accès démocratique à la culture ??? Je ne le pense pas. Les gens lisent de moins en moins et je ne peux pas dire que la culture de notre époque se porte si bien. Ce n'est pas parce que l'on peut télécharger un texte de Kant où une musique de Bach que l'on accède à la culture ! Et puis la trop grande richesse de l'offre culturelle peut aussi être une nuisance. Les fils d'attentes à l'entrée des grandes expositions n'est pas le signe d'une société plus cultivé, mais celui de la marchandisation des valeurs culturelles. Non, non je ne partage pas votre optimisme.

: 17/03/2010 à 17:49 /  : RL

Internet, l'accès démocratique à la culture ??? Je ne le pense pas. Les gens lisent de moins en moins et je ne peux pas dire que la culture de notre époque se porte si bien. Ce n'est pas parce que l'on peut télécharger un texte de Kant où une musique de Bach que l'on accède à la culture ! Et puis la trop grande richesse de l'offre culturelle peut aussi être une nuisance. Les fils d'attentes à l'entrée des grandes expositions n'est pas le signe d'une société plus cultivé, mais celui de la marchandisation des valeurs culturelles. Non, non je ne partage pas votre optimisme. Et puis l'hybridation entre votre recette de gâteau au chocolat et Proust est elle vraiment une proposition culturelle !!!

Frederic Kaplan
: 22/03/2010 à 21:03 /  : Frederic Kaplan

L'accès democratique à la culture n'est pas sans poser de problème, il faut travailler sur des outils pour expliquer, commenter, aider à mieux comprendre. Mais c'est de toute facon la bonne direction... il me semble difficile de défendre un "elitisme" artificiellement maintenu.

: 23/03/2010 à 11:43 /  : RL

Je ne suis aucunement pour l'élitisme. Je suis comme vous pour la mise à disposition sans contrainte des Ĺ“uvres culturelles. Mais sans illusion. Il faut des musées ouverts, des bibliothèques... etc. mais l'accès à l'oeuvre n'en reste pas moins difficile. L'accès à l'oeuvre demande un investissement, un engagement... ce n'est pas une recette de gâteau au chocolat. Et puis votre accès démocratique à la culture n'est il pas élitiste et réservé à nos sociétés riches. Sur les 6,5 milliards d'habitants combien ont un ordinateur et internet ?