

ISBN:9782916571270
Frédéric Kaplan
2009-06-12
224 pages
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page : 56
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Comment une trace peut-elle devenir une marque ? Peux-tu donner un exemple.

Si je reprends l'exemple du chemin parcouru (et enregistré par une application GPS du genre MyGeoTrail) qui est une trace... on peut imaginer que pendant que je me déplace dans cet endroit je puisse créer une marque discrète (tagger ou sélectionner certains lieux que j'estime important à conserver)... ou encore après coup je revois cette trace capturée automatiquement, que je l'annote et que je la partage avec d'autres personnes sur un service web dédié à cela. Il y a différents paramètres sous-jacents ici je pense (l'aspect discrétisation, l'annotation, le partage) qui peuvent transformer la trace en marque.

Lors d'un atelier Orange Labs sur les "cartes vivantes", quelqu'un avait parlé de "layer individuel" pour exprimer cette combinaison entre traces et marques (à l'image d'un tracé MyGeoTrail que l'on pourrait s'échanger entre randonneurs, par exemple). D'un autre côté, j'avais proposé le terme "folksotopie" pour désigner l'éditorialisation des espaces par les citadins. Je crois que le terme pourrait aussi s'appliquer aux marques. http://bit.ly/HTct3

Intéressant... continuons à collecter des exemples. Dans certains cas, l'existence de "traces" automatiquement recoltée invite à faire moins de "marques". Le fait que toutes mes recherches sont consignées dans mon Google History m'incite à moins bookmarker de pages web car je sais que j'aurai facilement une manière de retrouver l'information. Idem pour les dossiers automatiquement générés qui collectent les morceaux que j'ai écouté recemment, ou les fichiers que j'ai modifié. D'un coté nous marquons/taggons de plus en plus (les lieux, les musiques, les photos) pour organiser ("editorialiser") et évenentuellement partager les espaces que nous parcourons, de l'autre nous utilisons des outils automatiques de plus en plus performants pour chercher dans nos traces ce qui nous dispense parfois de les "marquer". Les deux pratiques, bien qu'entermelées, restent il me semble bien distingables. Par exemple un outil qui publie automatiquement mes trajets géographiques et qui permet à certaines personnes de me retrouver par ce biais n'est pas à proprement parler un outil de marquage. A l'inverse le meme systeme basé sur une procedure de "Check-in" comme dans FourSquare est lui un outil de marquage.

J'entends bien ce que tu dis Frédéric mais le cas que j'ai en tête est encore différent. Je fais bien le distingo entre entre la publication automatique des trajets capturés par un programme telle que myGeoTrails et les check-ins de Foursquare... là où je veux en venir c'est plutôt la transformation des trajets capturés automatiquement en marque par une fonctionnalité du programme de capture de trace (pour donner plus de valeur à un itinéraire particulier ou discrétiser un lieu spécifique pour le garder en mémoire) Comme si, en relisant mon Google History, je trouvais des liens intéressants que j'inscrivais dans les bookmarks de mon navigateur ou que je les envoyais sur delicious ou twitter. Quant à la question de moins réaliser de "marques" du fait de l'enregistrement des traces, il me semble qu'il peut y avoir encore un attachement à réaliser ces marques et à ne pas compter sur le système qui collecte ces données. Marquer c'est aussi donner une valeur personnelle, inscrire une intentionalité.

J'aime beaucoup ton analogie Traces/Marques, je la trouve beaucoup plus parlante que ce que j'utilisais dans ma thèse (traces implicites versus traces explicites ou intentionnelles). Il me semble aussi qu'il est intéressant de se dire qu'une trace peut aussi devenir une marque. C'est une interaction intéressante des objets-interfaces.