La Métamorphose des Objets


Pendant longtemps, radios, téléphones, télévisions et lec- 
teurs de musique étaient des appareils bien distincts, vivant 
dans des mondes physiques séparés, jouant leur rôle dans 
nos vies de manière simple et souvent efficace. Ces machines 
traitaient bien de l’information, mais celle-ci était codée 
comme la variation continue d’un état physique, à l’image du 
sillon des disques 33 tours. Chaque type d’enregistrement 
était spécifique : une photo, un film ou une musique n’avait 
rien en commun. Le passage au codage numérique a profon- 
dément changé la donne.  
Le numérique a permis la standardisation et la multipli- 
cation des échanges entre les machines. Une photo prise par 
un appareil photo peut ensuite être transférée et stockée dans 
un baladeur numérique ou, par l’intermédiaire d’un télé- 
phone, envoyée à une autre personne. Ces fonctions peuvent 
être distribuées dans plusieurs appareils ou intégrées au sein 
d’un seul. D’une certaine manière, dès l’avènement du numé- 
rique, ces objets jadis différents et autonomes sont devenus 
« intégrés » au sein d’un même réseau et ont donc commencé 
à former un seul et unique méga-objet. À partir de ce constat, 
ingénieurs et designers ont eu le choix de les présenter 
comme des objets séparés, de les faire converger vers un seul 
(téléphone/appareil photo/lecteur de musique/agenda/console 
de jeu), ou au contraire d’éclater encore plus leur usage  
dans des objets aux fonctions extrêmement précises (para- 
pluie indiquant la météo, lampe donnant des informations  
le  matin,  objet  permettant  de  composer  un  numéro  de  
téléphone).  
Comme on peut l’imaginer, l’avènement du numérique a 
été caractérisé, dans ces premières années, par de grands 
bouleversements dans le monde des objets électroniques. La 

LA MÉTAMORPHOSE DES OBJETS 28 

http://mdo.li/28 

009-076-Chap1-Metamorphose:Metamorphose  9/10/09  14:47  Page 28
La Métamorphose des Objets

ISBN:9782916571270
Frédéric Kaplan
2009-06-12
224 pages
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page : 23

3 commentaires sur cette page

date : 11/12/2009 à 11:36 / auteur : Sarro

Pour aller plus loin sur la miniaturisation, il y a bien sur les nanotechnologies, on peut parler du sujet de thèse de Sacha Loeve sur " Le concept de technologie à l'échelle des molécules-machines". Il fait notamment l'analogie de l'ATP synthase avec la fameuse turbine Guimbal dont parle Gilbert Simondon pour illustrer son concept de concrétisation. A la différence que les "objets naturel" sont d'emblée concret au contraire des "objets artificiels" qui ont une tendance vers le concret d'où le processus de concrétisation. http://revues.mshparisnord.org/appareil/index.php?id=635

Frederic Kaplan
date : 15/12/2009 à 07:58 / auteur : Frederic Kaplan

C'est une question interessante. Les thèses de Simondon continuent-elles à s'appliquer à l'échelle moléculaire ? Une machine moleculaire est-elle un objet abstrait qui se concrétise progressivement ? Nous manquons d'exemples car les nano-technologies n'ont pas encore la riche histoire industrielle sur laquelle Simondon se base pour avancer ses concepts. Pensez-vous effectivement que les memes processus sont à l'oeuvre à cette échelle ?

date : 26/05/2010 à 19:16 / auteur : FYP éditions

Intéressant