La Métamorphose des Objets


Posséder toute la musique du monde 

Où je continue à peindre le tableau  
de ce que devrait être l’interaction musicale à l’heure de  
l’ordinateur planétaire et des bases de données mondialisées. 

J’ai rencontré dans les salons du Lutetia à Paris le direc- 
teur d’une entreprise de distribution de musique en ligne. Je 
souhaitais que nous collaborions pour que les utilisateurs de 
QB1 puissent accéder de manière illimitée à leur catalogue 
de plusieurs millions de titres. J’avais réalisé que ma première 
idée qui consistait à héberger les fichiers musicaux de nos 
clients n’était pas tout à fait satisfaisante. Ces titres musicaux 
sont pour l’essentiel déjà sur l’ordinateur planétaire, en haute 
qualité et renseignés de manière minutieuse. Ceux qui font 
ce long travail de bibliothécaires minutieux veulent valoriser 
leurs bases de données. Il y a matière à s’entendre.  
Effectivement, mon interlocuteur a semblé séduit par notre 
approche. Lui aussi avait beaucoup réfléchi au futur de la 
distribution musicale. Son entreprise a dû adapter ses offres 
plusieurs fois face aux remous et aux controverses sur la pro- 
tection des fichiers musicaux, leur « transférabilité » d’un 
appareil  à  l’autre,  la  traque  de  ceux  qui  obtiennent  ces 
fichiers par les réseaux « illégaux », ou encore les procédés 
de surveillance généralisée qui en résultent. Pour moi, tous 
ces débats n’ont pas de sens, car la notion même de fichier, 
et donc de téléchargement, va disparaître. Les utilisateurs ne 
veulent plus entendre parler de format de fichier, de syn- 
chronisation, de système de protection : ils veulent avoir 
accès à leur bibliothèque musicale depuis une multitude d’in- 
terfaces différentes et découvrir d’autres musiques sans autre 
limitation que leur propre temps et leur propre curiosité. 

LES MÉTAMORPHOSES DE LA MUSIQUE 117 

http://mdo.li/117 

103-134-Chap3-Metamorphose:Metamorphose  9/10/09  14:50  Page 117
La Métamorphose des Objets

ISBN:9782916571270
Frédéric Kaplan
2009-06-12
224 pages
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page : 112

2 comments on this page

date : 18/03/2010 à 16:04 / author : RL

"Le mécanique est l'ennemi du son" dites-vous. Pourquoi cette affirmation ? Un piano, c'est pas mécanique ? Tous les instruments ne sont ils pas des mécaniques ?

Frederic Kaplan
date : 22/03/2010 à 20:08 / author : Frederic Kaplan

Je parle ici bien sur des procédés d'enregistrement, pas des instruments. Les modes d'enregistrements mécaniques/analogiques donnent toujours une "coloration" particulière au son enregistré. Certains peuvent aimer cette coloration, mais du point de vue de la fidelité de la reproduction le numerique reste a priori meilleur.