Everyware


surfaces interactives (dans lesquelles les tables, les murs, les portes ou
les plafonds sont autant d’appareils utilisables en entrées/sorties),
l’ambiant (qui utilise le son, la lumière, les courants d’air comme des
canaux d’information) et le tangible(qui se base sur des objets manipula-
bles et saisissables pour imaginer de nouvelles interfaces).
Un autre projet du MIT, Oxygen, partait du principe qu’un développement
ubiquiste nécessiterait un effort coordonné à tous les niveaux. Il fût conçu
dans ce but un ensemble d’appareils, d’interfaces utilisateur, de grilles de
capteurs, d’architectures logicielles et de stratégies de réseaux (on ne peut
pas leur reprocher leur manque d’ambition).
À part ces quelques initiatives, il faut bien admettre que très peu de gens
travaillant dans cette sphère semblent entrevoir la façon dont tout cela va
s’organiser. À mon avis, du point de vue de l’utilisateur, tous ces aspects ne
sont que différentes facettes d’une expérience unique et plus large.
De quelle expérience s’agit-il ? Elle implique un écosystème d’appareils et
de plates-formes, dont la plupart n’ont rien à voir avec des ordinateurs.
C’est un phénomène distribué : la puissance et le sens qu’on lui confère
sont davantage une propriété du réseau global que de l’un de ses nÅ“uds, et
ce réseau est effectivement invisible. Sur un plan technique, Il s’insinue
dans des endroits auxquels nous n’avions jamais songé. Et il survient dans
notre monde, parmi le brouhaha, les embouteillages, le café au lait, ou les
discussions de comptoir : il développe une activité sociale, et en retour, il
redéfinit nos relations avec les personnes qui nous entourent.
Bien qu’on ait tendance à abuser de l’expression « changement de para-
digme », si l’on considère les différences entre l’expérience que nous avons
d’un PC et celle qui nous attend, il me semble que, ici, l’expression n’est pas
exagérée. Car il s’agit bien là d’une transition technologique entraînant une
mutation fondamentale de notre façon de percevoir le monde, et peut-être
même de notre manière d’exister. Nous avons besoin d’un mot nouveau
pour débattre de ces systèmes, un mot qui soit suffisamment vague pour
englober toutes les distinctions  non essentielles, mais susceptible de
conserver tout ce qu’elles ont en commun.
Je pense qu’il faut appeler ce paradigme : « ubimedia ». 

I 20 I 

Every[ware] 

I Chapitre 1 

I 

013-037-Chap1-Everyware  2/05/07  10:35  Page 20
Everyware

ISBN:9782916571003
Adam Greenfield
2007
256 pages
3 comments on this book
1 bookmarks on this book


page : 20

1 bookmark on this page

bookmark
FYP éditions  has bookmarked this page on12/11/2009 à 14:50

tags : Internet des objets